Tartuffe ou l’Imposteur · Molière · Acte I, scène 1

Madame Pernelle : « Voilà les contes bleus »

Personnages
Madame Pernelle
Durée
270 mots, 2 min à voix haute
 
Rôle féminin
 
Comédie

La situation

La mère d’Orgon quitte la maison de son fils, outrée : on y reçoit trop, on y parle trop, et personne n’y respecte Tartuffe. Elle achève sa tournée de reproches par les visites et les bals, puis gifle sa servante Flipote. Un rôle de caractère.

Répétez cette scène avec qbuddy

Gratuit pour commencer. Le texte s’ouvre déjà découpé en répliques, tous les autres rôles en voix.

Le texte

Madame Pernelle(à Elmire) Voilà les contes bleus qu’il vous faut pour vous plaire, Ma bru. L’on est chez vous contrainte de se taire : Car madame, à jaser, tient le dé tout le jour. Mais enfin je prétends discourir à mon tour : Je vous dis que mon fils n’a rien fait de plus sage Qu’en recueillant chez soi ce dévot personnage ; Que le ciel au besoin l’a céans envoyé Pour redresser à tous votre esprit fourvoyé ; Que, pour votre salut, vous le devez entendre, Et qu’il ne reprend rien qui ne soit à reprendre. Ces visites, ces bals, ces conversations, Sont du malin esprit toutes inventions. Là, jamais on n’entend de pieuses paroles ; Ce sont propos oisifs, chansons, et fariboles : Bien souvent le prochain en a sa bonne part, Et l’on y sait médire et du tiers et du quart. Enfin les gens sensés ont leurs têtes troublées De la confusion de telles assemblées : Mille caquets divers s’y font en moins de rien ; Et, comme l’autre jour un docteur dit fort bien, C’est véritablement la tour de Babylone, Car chacun y babille, et tout du long de l’aune ; Et, pour conter l’histoire où ce point l’engagea…

(Montrant Cléante.)

Madame PernelleVoilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà ! Allez chercher vos fous qui vous donnent à rire,

(À Elmire.)

Madame PernelleEt sans… Adieu, ma bru ; je ne veux plus rien dire. Sachez que pour céans j’en rabats de moitié, Et qu’il fera beau temps quand j’y mettrai le pied.

(Donnant un soufflet à Flipote.)

Madame PernelleAllons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles. Jour de Dieu ! je saurai vous frotter les oreilles. Marchons, gaupe, marchons.

Texte: fr.wikisource.org/wiki/Tartuffe_ou_l%E2%80%99Imposteur/%C3%89dition_Louandre,_1910. Texte du domaine public, édition Wikisource. Télécharger le texte

D’autres textes à travailler